Fatal Fury 2
 
 


fighting game
©1992, SNK
106 Mbits


 
     

Malgré toute la bonne volonté de SNK, Fatal Fury n'a pas réussi à ébranler le fantastique Street Fighter II de Capcom. Le temps a passé et le marché du combat en versus s'est durci en 1992. Tout d'abord, Capcom a enchaîné deux versions customisées de son hit : Street Fighter II' et Street Fighter II' Turbo (ce dernier est sorti tout juste un jour avant Fatal Fury 2). Ensuite, d'autres acteurs sont entrés en scène, comme Alpha Denshi avec World Heroes et Midway avec Mortal Kombat. SNK fait donc face à une très sérieuse concurrence et va devoir frapper fort.

 
 
World Heroes
(1992, Alpha Denshi)
 
Mortal Kombat
(1992, Midway)
 
Street Fighter II' Turbo
(1992, Capcom)

Un an après la mort de Geese Howard, le tournoi King of Fighters revient, cette fois nommé "The Sultan of Slugs Battle Royale". Terry, Andy et leur ami Joe reçoivent une invitation du nouveau sponsor du tournoi : Wolfgang Krauser. Le colosse Allemand est désireux de rencontrer ceux qui l'ont empêché d'affronter Geese Howard. D'autres combattants ont reçu une invitation, dont Richard Meyer qui la décline. Krauser veut construire sa légende et compte bien utiliser le tournoi pour y parvenir. Les loups solitaires de Fatal Fury sont de retour !

L'intro de Fatal Fury 2 annonce la couleur : "Again, legendary men return... Fatal Fury 2!". C'est sur ces quelques mots en voix-off qu'elle se déroule, après avoir eu droit à l'écran The 100 Mega Shock! qui deviendra célèbre. C'est classe, c'est marquant... Bref, SNK ne plaisante pas avec ce jeu.

Pour être précis, Fatal Fury 2 occupe 106 Mbits, à comparer aux jeux des autres consoles 16-bit qui plafonnent alors à 16 Mbits. Cependant, la raison d'être de Fatal Fury 2 n'est pas d'enfoncer les autres consoles, mais de concurrencer le fameux Street Fighter II de Capcom dans les salles de jeu, ce dernier étant à sa version II' Turbo, nous l'avons vu.

On appuie avec impatience sur et il suffit de choisir le niveau de difficulté, puis de regarder (ou non) la démonstration des coups de base. Les quatre boutons de la manette sont désormais utilisés : pour le poing faible, pour le pied faible, pour le poing fort et pour le pied fort. sert également à faire une provocation. Contrairement à Art of Fighting, cette fonction n'a pas d'intérêt réel, sauf à la rigueur quand on joue en Versus, hsitoire de narguer un peu son adversaire.

Les directions de la manettes sont très classiques : pour avancer, pour reculer ou se protéger en garde haute, , et pour sauter, pour se protéger en garde basse, pour s'accroupir et pour avancer dans cette même position. Si vous appuyez sur , votre personnage effectuera une esquive en arrière où il est invincible pendant une fraction de seconde.

Fatal Fury 2 autorise également quelques combinaisons.
- Si on appuie sur , on change de plan, ce qui est une autre façon d'esquiver. Une fois sur deux plans différents, on appuie sur , , ou pour revenir en attaquant ou bien sur
ou pour revenir de façon plus simple et moins offensive. Ce changement de plan est bien plus intéressant que dans l'opus précédent où il était soumis au bon vouloir du CPU.
- La combinaison force l'adversaire à changer de plan, c'est un coup un peu plus puissant que ceux portés avec les seuls boutons ou . Cela est intéressant dans les stages à un seul plan : l'adversaire est projeté sur les éléments du décor, ce qui occasionne des dégâts supplémentaires.
- Enfin la combinaison
+ pendant une garde haute permet de contre-attaquer tout en étant bien moins vulnérable.

+

Les coups spéciaux s'effectuent comme dans Fatal Fury, ou plus précisément comme dans Garô Densetsu. Pour mémoire, les manipulations différaient entre la version japonaise et les versions américaine et européenne. Ici, chaque personnage dispose de trois ou quatre coups spéciaux.

Burning Knuckle
+
ou
Belly Drum Blast
(2 sec) +
ou
Giant Bomb
(2 sec)
+ ou

Outre cela, les personnages disposent de ce qu'on appellera des "furies", en hommage à ce jeu (ou aussi Desperation Moves). Ces pouvoirs spéciaux encore plus dévastateurs ne peuvent être utilisés qu'à une condition : la barre de vie doit clignoter, c'est-à-dire être presque vide. Une attaque du désespoir, en somme ! Rendons toutefois à César ce qui appartient à César : ce type de coup est en fait apparu avec Art of Fighting, mais cela est passé un peu inaperçu. Pour avoir la liste complète de tous les coups spéciaux de chaque combattant, on peut se reporter à ce guide stratégique.

Super Deadly Ninja Bees
+
Fire Breath
(2 sec)
+
Ultra Disruptor
(2 sec) +

Par rapport à son prédécesseur, Fatal Fury 2 fait un énorme bond autant qualitatif que quantitatif. Cette fois-ci, SNK se donne les moyens de ses ambitions. Le principe est de choisir un combattant parmi 8, d'affronter tout le monde avant de combattre quatre adversaires encore plus terribles : c'est exactement le schéma de Street Fighter II.
On garde les trois personnages de base de Fatal Fury et on rajoute des nouveaux. Mis à part Terry, Andy et Joe nous avons donc de nouveaux personnages qui ne demandent qu'à être présentés.


Après avoir vengé la mort de son père adoptif Jeff à la fin du précédent King of Fighters, il décide de démasquer le mystérieux organisateur de la nouvelle édition du tournoi.

Frère de Terry, il est moins physique que ce dernier, ses coups étant plus vifs et secs. Il a étudié le koppo au Japon, un ancien art martial.


Le grand ami des frères Bogard et expert en boxe thaï dispose de coups alliant vitesse et efficacité. Avec sa puissance, il est devenu champion du monde.

Connu auparavant sous le nom de Raiden, Big Bear était autrefois garde du corps de Geese Howard. Ce catcheur professionnel est parti en tournée en Australie.


Malgré son grand âge, Jubei est un judoka vif et rapide. Il dispose de nombreuses prises au corps à corps et peut même envoyer des senbei meurtriers sur ses adversaires.


Il tient un restaurant à Hong Kong. Riche et vénal, tricheur et roublard, il participe au tournoi en espérant empocher la prime de la victoire.


Pratiquant le taekwondo, Kim est un père de famille très attaché aux valeurs de la justice et du bien. Il s'exprime par des cris perçants lorsqu'il combat.


Mai est née et a grandi Ninja. Elle s'est inscrite au tournoi pour honorer la mémoire du sensei d'Andy. C'est également la fiancée de ce dernier.

Tout comme dans Street Fighter II, on part pour un tour du monde dans des lieux variés et souvent connus.

Les combats sont ponctués de Bonus Stages où il faut détruire des gros objets en pierre dans un temps imparti. Le premier oblige à utiliser le changement de plan pour aller détruire les piles derrière et le second invite d'user du coup puissant pour envoyer les blocs de pierre vers l'arrière de l'écran.

Enfin, des écrans intermédiaires assurent judicieusement la liaison entre Fatal Fury et Fatal Fury 2. C'est l'occasion de revoir des protagonistes du premier opus confrontés au "Dark Kaiser".

Il est clair que SNK a choisi d'abandonner la voie de l'originalité en se rapprochant du concurrent de chez Capcom. Mais qu'en est-il de la réalisation ?...



Fini le petit parcours dans une même ville, ici on visite différents pays, d'où une grande richesse au niveau des décors : Venise, Ayers Rock, mont Rushmore, mont Fuji, Manhattan... La teinte varie au fil des rounds, comme dans Fatal Fury, mais sur deux variantes seulement (trois dans Fatal Fury). Seule vraie fausse note : le décor du boss Axel Hawk, franchement raté. Pour en finir avec les décors, on peut signaler que certains défilent : on peut être sur un train ou sur un radeau par exemple.
Quant aux personnages, ceux déjà existants ont été redessinés d'assez jolie manière, les nouveaux étant de la même veine.


Le jeu semble un poil moins rapide que Fatal Fury, avec des ralentissements qui viennent entâcher certains moments. Le nombre d'étapes alouées à chaque mouvement semble toutefois supérieur à ce qui se faisait dans l'opus précédent.


Le son fait aussi un grand pas en avant au niveau de la qualité. Les voix des combattants sont entièrement refaites et c'est bien plus réaliste. Les musiques de fond ne sont pas en reste. Elles sont de très bonne qualité et collent parfaitement aux différents pays visités. Mention spéciale pour la musique qui accompagne le dernier combat. Il s'agit d'un extrait du requiem de Mozart (Dies Irae), le tout se déroulant dans une église pendant un orage... C'est grandiose !!!


Au niveau de la jouabilité, la grande liberté de mouvement fait qu'il est désormais bien difficile de coincer son adversaire comme dans Street Fighter II. Il y a juste à regretter l'impossibilité de faire des enchaînements de coups, contrairement à Street Fighter II' Turbo ou World Heroes : cela gâche un peu le plaisir. Les plus persévérants pourront toutefois en trouver quelques-uns. Cela étant, les conditions sont tellement compliquées à réunir (tel coup, adversaire coincé, etc.) qu'il est bien difficile de considérer que cela peut constituer un panel d'enchaînements à exploiter. Ça tient davantage du bug anecdotique et on peut considérer que Fatal Fury 2 n'a (presque) aucun combo. Grande variété en défense, mais moins en attaque pour résumer.


Le jeu dispose de 8 personnages, ce qui est juste dans la moyenne, sans plus. Street Fighter II' Turbo, sorti tout juste un jour avant, en compte 12. Contre le CPU, la difficulté est bien dosée et promet de longues parties, ces dernières s'allongeant à deux, comme toujours.




Ici on a droit à une bande-son réorchestrée : les musiques sont intrumentales et le résultat est plus que satisfaisant. Cela donne un autre dimension à ce jeu déjà très bon. Les puristes regretteront la disparition du timbre chaleureux de la cartouche, les autres apprécieront les vrais instruments et les thèmes bien plus longs.
Par exemple, voici la musique de Mai Shiranui :

Les chargements sont bizarrement assez longs pour un jeu d'une centaine de Mbits, et moins bien pensés que dans l'adaptation Neo·Geo CD d'Art of Fighting, par exemple. Comme sur Neo·Geo AES et MVS, il n'y a aucune astuce pour prendre les boss.

Avec sa bande-son largement rénovée, cette version Neo·Geo CD se montre tout à fait digne de son support.


 
Bilan
 
 

Fatal Fury 2 fait complètement oublier son aîné, il rivalise vraiment en qualité avec le Street Fighter II' Turbo des salles de jeu. Sa réalisation de très haut niveau et son ambiance réussie lui confèrent un intérêt certain. On déplore juste l'absence d'enchaînements de coups. Cette fois-ci, Capcom n'est plus seul.


À moins de vouloir posséder tous les Fatal Fury, cet épisode n'est pas à acquérir en priorité. Explication : Fatal Fury Special (qui lui aussi, a certes beaucoup vieilli) reprend 99% des éléments de Fatal Fury 2, apporte pas mal d'ajouts, et gomme la plupart de ses défauts. Pour qui a connu le fameux "Again, lengendary men return..." à la grande époque, cela reste un grand moment d'émotion et de nostalgie qui mérite qu'on s'y (re)mette.

Tarma

 
     

   




 

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