Chapitre VI
1991 : l'arcade à domicile

 

SNK n'a donc pas vraiment anticipé la possibilité que certains joueurs acharnés puissent acheter la Neo·Geo dans sa version console non pas pour la louer à des fins commerciales, mais pour un usage personnel. Le succès est tel qu'une version commercialisée réellement pour les particuliers devient inévitable, SNK doit investir ce marché.

Le 1er juillet 1991, c'est donc la (re)naissance de la Neo·Geo AES. Le prix passe à 48800¥ à cette occasion. Elle surpasse de très loin en performances les NES, PC-Engine et Mega Drive qui sont alors les références du marché. Même l'enthousiasmante Super Famicom sortie entre-temps (le 21 novembre 1990) ne fait pas le poids. La console de SNK est d'un design très sobre qui s'oppose à l'aspect enfantin des autres machines de l'époque. Elle n'est livrée qu'avec une seule manette dont la robustesse, la longévité et l'extrême précision en font une référence pour les jeux de combat.

Avec la Neo·Geo, c'est l'arcade à domicile.

On peut acheter séparément une carte-mémoire pour sauvegarder les progressions dans les divers jeux, c'est une innovation qui sera reprise par les consoles plus récentes.

Grâce à cet accessoire, à vous les joies de la progression sauvegardée.

Les jeux se présentent tous sous la forme de grosses cartouches, à l'instar des équivalents MVS. Il n'y a cependant pas de compatibilité, la taille de la coque et les broches étant légèrement différentes. Le prix est malheureusement très élevé, 1500 FF de l'époque (soit environ 230 €) pour les nouveautés. De plus, il s'agit surtout de jeux de combat ou de tir (genres très répandus dans les salles de jeu). Enfin, le rythme de sortie des jeux est sans commune mesure avec ce qui se fait ailleurs. Tout cela la rend bien moins attrayante en ce temps-là qu'une Mega Drive ou une Super Nintendo, bien que les jeux soient d'une qualité technique incontestablement supérieure.

Les onze jeux déjà sortis en 1990 sont réédités, mais cette fois ils sont conditionnés dans des boîtes en plastique et non plus en carton. Par ailleurs, six autres jeux arrivent cette occasion, dont cinq développés par SNK : Sengoku, King of the Monsters, Minasan no Okagesama Desu!, Alpha Mission II et Ghost Pilots. Pour information, le sixième est Blue's Journey, signé Alpha Denshi, ce titre n'étant alors sorti que pour le MVS. SNK change sa politique et cette fois, les jeux AES sortent après leurs homologues MVS.

Sengoku propose de voyager entre deux dimensions.
(1991)
Alpha Mission II est la suite du jeu sorti en 1985.
(1991)
Ghost Pilots vous plonge en pleine Seconde Guerre mondiale.
(1991)

En France, étant donné que SNK n'y a aucune structure, c'est la société Guillemot International qui importe consoles et jeux et qui traduit les modes d'emploi.

Piqué au vif par le succès de Capcom avec son insolent et excellent Street Fighter II, SNK sort le 25 novembre 1991 son premier jeu de combat en versus sur Neo·Geo. Il s'agit d'un héritier de Street Smart, c'est Fatal Fury. Si ce titre ne surpasse pas son rival de chez Capcom, il constitue tout de même un joli coup d'essai de la part de SNK. Fatal Fury sort ensuite le 20 décembre de la même année sur console AES.

Fatal Fury, la légende des loups est née !
(1991)

SNK était déjà très sérieux client dans le monde des développeurs de jeux d'arcade. Cette firme a déjà montré sa capacité à fournir de très bons jeux et désormais elle dispose d'un format propriétaire très prometteur. Pour couronner le tout, la firme a profité de son nouveau système Neo·Geo pour mettre un pied dans le monde des constructeurs de consoles de jeux.

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